À la recherche des éléphants du désert

Troupe d'éléphants du désert en Namibie

La deuxième partie de notre voyage en Namibie nous emmène sur la piste des éléphants du désert. Des rivières Ugab, Huab en passant par l’Hoanib et l’Hoarusib, nous explorons ces rivières souvent asséchées à la rencontre de cette faune si particulière qui a su s’adapter aux conditions extrêmes de ces régions désertiques.

Les rivières de l'Ugab et l'Huab

Avant le départ, nous avons investi dans un GPS Garmin et surtout téléchargé une carte de Namibie où chaque petite piste est indiquée. Grâce à ce GPS, trouver la bonne piste est plus facile. Ce matin, nous quittons donc la côte de la Skeleton au Mile 105 direction l’Est puis le Nord. La piste principale est bien marquée mais par endroits les chemins divergent et c’est là où notre GPS est indispensable !

Le Brandberg en Namibie
Le Brandberg dans la brume ©La Petite Aventure

Vers le cratère de Messum

Les premiers paysages traversés sont semi désertiques. Cette zone est classée zone protégée pour ces lichens et les welwitschia mirabilis. Je suis fan de cette drôle de plante. Et il y en a partout. Le welwitschia mirabilis est une plante endémique de la Namibie.

Welwitschia mirabilis, Namibie
Grandeur d'une welwitschia mirabilis ©La Petite Aventure

C’est une véritable curiosité botanique, la plante peut atteindre plus de 2.5 de circonférence, et forme un petit tronc sans branche en forme de cratère, d’où poussent sans discontinuer deux uniques feuilles. Elles peuvent atteindre plus de 10 mètres de longs et finissent à leur extrémité en lamelles desséchées dans le vent et la chaleur de la plaine. Les plus grands spécimens sont âgés de 2000 ans. Dans cette zone, nous traversons d’immenses champs de welwitschia mirabilis.
En fin de matinée, nous arrivons dans le cratère Messum, c’est un paysage sans rien qui s’offre à nous. Le temps n’a plus d’importance ici. Le cratère est gigantesque et nous n’irons même pas jusqu’à son centre. Ce cratère est vieux de 130 millions d’années.

Cratère Messum, Namibie
Immensité du cratère de Messum ©La Petite Aventure

L'Ugab rivière

Puis, nous traversons un plateau caillouteux au pied de l’imposant massif du Brandberg. Nous bifurquons plein nord vers la rivière Ugab. Cette rivière est la seule qui coule au-dessus de la surface de son lit de sable quelques jours par an même durant la saison sèche. Ses eaux souterraines affleurent à la surface et forment comme des piscines. Nous sommes dans le Damaraland et à partir d’ici, nous pouvons commencer à croiser les éléphants du désert mais également des rhinocéros.

Rivière de l'Ugab
Début de la rivière Ugab ©La Petite Aventure

Nous passons la nuit au Rhino Ugab Camp, c’est un endroit remarquable au milieu de nulle part. Les emplacements sont basiques et propres. Dans cette région et aussi ailleurs, l’organisation Save the Rhino Trust a fait depuis plusieurs années un formidable travail pour la lutte contre le braconnage des rhinocéros et aujourd’hui on remarque une baisse des incidents. De notre côté, nous voyons des excréments et des traces mais pas l’animal. 

L'Ugab river camp en Namibie
Au Rhino Ugab camp ©La Petite Aventure

Le lendemain, nous prenons la piste en direction du Nord, bien tracée qui suit dans un premier temps le lit d’une rivière. Certains passages sont très caillouteux et notre vitesse moyenne est d’à peine 10 km/h ! Etant donné, que nous sommes à un seul 4×4, nous faisons encore plus attention. Quelques babouins nous observent du haut des rochers et nous observons encore de nombreuses traces de rhinocéros.

Babouins dans la rivière de l'Ugab
Babouins dans l'Ugab rivière ©La Petite Aventure

L'Huab rivière

Le paysage s’élargit en de très vastes vallées vers « Désolation vallée » offrant des paysages désertiques parfois semblables à ceux de l’Ouest américain avant de rejoindre la rivière Huab.

Paysage semi désertique en Namibie
L'Ouest américain en Namibie ©La Petite Aventure

A l’arrivée dans la rivière Huab, la végétation est très verte grâce à la présence de l’eau. Le contraste entre les rochers et le vert des grands roseaux est saisissant. Toujours autant de traces, mais nous ne voyons pas d’animaux car nous sommes plus occupés à traverser des passages très boueux. La piste initiale est coupée à certains endroits par l’eau et les variantes sont parfois compliquées à passer. Grâce à la puissance du 4×4, Théo au volant et Laurent qui conseille, nous passons sans encombre.

Rivière Uhab en Namibie
Le vert de la rivière Uhab ©La Petite Aventure

Puis, le lit de la rivière devient plus sablonneux parsemée d’acacias, nous croisons quelques girafes, un dik dik, les animaux sont très peureux. Dans l’après-midi, après une sieste très ventée dans la poussière, nous repartons en safari. Nous ne verrons pas d’éléphants mais un groupe d’autruches et quelques girafes. En fin de journée, nous installons notre bivouac un peu à l’écart du lit de la rivière et surtout à l’abri du vent car Théo ne supporte pas le vent qui est parfois très fort dans ces régions. Il vaut mieux éviter le lit de la rivière la nuit car les animaux y viennent pour boire et chasser. Les lions même s’ils sont peu nombreux dans la région, rôdent la nuit et il faut être prudent. Comme chaque soir, nous dormons sous un ciel étoilé absolument incroyable après une soirée autour du feu.

Girafe dans l'Uhab rivière
Girafe ©La Petite Aventure

Ongogo Falls

Au réveil, les tentes sont humides. C’est le brouillard de la mer qui dépose cette humidité, elle est seulement à 50 km à vol d’oiseau. On replie notre camp et remontons le lit de la rivière par une large piste pour rejoindre la C39, piste principale. Puis, nous rejoignons Palmwag où nous passons la barrière des fièvres. C’est un contrôle sanitaire pour éviter la contamination entre les animaux sauvages et le bétail. Dans ce sens (du Sud vers le Nord), nous pouvons transporter de la viande crue.

Aujourd’hui, il fait très chaud et notre halte pour le pique-nique est improbable. Après une piste poussiéreuse et rocailleuse dans la chaleur, nous arrivons à Ongongo spring. Un petit paradis où nous plongeons dans une piscine naturelle où l’eau est cristalline. C’est une halte bien agréable et rafraîchissante. Nous en profitons pour remplir tous nos bidons d’eau vide qui nous serviront pour la toilette des prochains jours.

Ongongo spring en Namibie
Piscine naturelle d'Ongongo ©La Petite Aventure

Dans l’après-midi, nous rejoignons Sesfontein. Ici, l’essence est une denrée rare, le camion d’approvisionnement vient 1 fois par mois. La station est grillagée et surveillée pour éviter tout problème. La responsable nous accorde quelques litres. Petit passage au « supermarché » de Sesfontein pour acheter du pain…

Supermarché à Sesfontein, Namibie
Supérette de Sesfontein ©La Petite Aventure

Dans la rivière de l'Hoanib

À la sortie de la ville, nous prenons la piste pour rejoindre la rivière de l’Hoanib, c’est cette rivière dont nous parlons depuis des mois et où nous espérons vraiment rencontrer les éléphants du désert. Le début de la piste part dans tous les sens pour éviter au maximum de traverser les grandes zones de fech-fech. C’est une poussière très fine qui a la consistance de la farine et la capacité à s’infiltrer partout dans la voiture si on ne roule pas assez vite. Et encore plus car nous avons oublié d’ouvrir la trappe à l’arrière et résultat la poussière est absolument partout sur nos affaires dans le coffre !!

Springbook dans le désert du Namib
Springbook dans l'Hoanib ©La Petite Aventure

Ensuite, la piste devient sablonneuse et plus facile à conduire. Très vite, nous longeons le lit de la rivière et nous nous retrouvons entourés d’herbes très hautes. Nous roulons doucement et heureusement car quatre girafes sortent des herbes sur la piste. Elles sont aussi étonnées que nous. C’est la fin de la journée et nous trouvons un endroit de bivouac. Ici, on ne roule jamais la nuit. Comme tous les soirs, dans ces lits de rivières, le vent se lève. C’est pourquoi nous mettons toujours la voiture comme protection mais ce n’est pas toujours évident. Peu importe, cela ne nous empêche pas de faire un bon braï (bbq) de côtes de porc et pommes de terre sautées. Et nous filons nous mettre à l’abri dans nos tentes.

Les éléphants du désert

Oryx dans l'Hoanib
Oryx sous un acacia centenaire ©La Petite Aventure

Nous passons deux jours à explorer la rivière de l’Hoanib à la recherche des éléphants du désert. L’Hoanib est une rivière éphémère qui ne coule que deux fois par an après les pluies. Les troupes d’éléphants ont appris au fil des générations à vivre au rythme du désert. Ils doivent parcourir parfois plus de 70 km par jour à travers un terrain aride vers les points d’eau. Cette région est considérée comme l’une des plus reculées du pays. La faune sauvage vit ici en toute liberté. Par endroit, la rivière s’élargit et des acacias centenaires et majestueux parsèment le lit. Ces acacias ont des fruits très riches dont les éléphants raffolent.

Babouins dans l'Hoanib
Troupe de babouins ©La Petite Aventure

Notre première rencontre dans la rivière de l’Hoanib est avec une troupe de babouins. Nous les suivons et nous les observons à un point d’eau. C’est un point d’eau artificiel qui aide les animaux dans cet environnement aride. Puis, nous repartons dans le lit de la rivière où quelques girafes, dik, dik, springbook et oryx sont occupés à trouver à manger.

Eléphants du désert en Namibie
Nos premers éléphants du désert ©La Petite Aventure

Après plusieurs heures à parcourir la rivière dans ses moindres recoins, nous cherchons toujours les éléphants du désert. Et, tout à coup, derrière un rocher, un éléphant arrive de son pas nonchalant. C’est une troupe de 7 individus. La matriarche mène sa troupe vers les fruits tombés sous un arbre puis ils repartent sans doute vers un point d’eau. Ils sont calmes, pas peureux et nous passons un beau moment avec ces pachydermes.

Eléphants du désert en Namibie
La splendeur de ces éléphants du désert ©La Petite Aventure
Éléphant du désert sous un acacia
Éléphant du désert qui se régale de fruits ©La Petite Aventure

La lumière de fin de journée se fait sentir et il est temps pour nous de trouver un lieu de bivouac. Nous installons notre camp à la fin de la rivière dans un paysage très saharien en hauteur près d’une dune. L’endroit est magique.

Bivouac dans l'Hoanib
Notre bivouac dans l'Hoanib ©La Petite Aventure ©

Dans la rivière de l'Hoarusib

Ce matin, ce paysage saharien est enveloppé d’un brouillard marin. Nous sommes seulement à 30 km de la mer en effet, notre périple dans ces rivières est le long de la célèbre Skeleton coast. C’est splendide et irréel. 

Brouillard dans l'Hoanib en Namibie
Au petit matin dans l'Hoanib ©La Petite Aventure

Nous empruntons la piste de migration qu’utilisent les éléphants pour passer de l’Hoanib à l’Hoarusib. Nous traversons un grand plateau rocailleux avant d’arriver dans l’Hoarusib. Dans cette rivière, l’eau est très présente et le contraste avec l’Hoanib très sec est saisissant. Nous croisons quelques babouins, springbooks, oryx et nous suivons les traces d’un léopard. Il marche dans le sable près de la rivière puis bifurque dans les montagnes sans que nous puissions le voir. Ici, l’eau est partout. Nous avons plus l’habitude de la conduite dans le sable que dans l’eau et pour les premiers passages, nous descendons à pied tester le sol avant de passer avec le 4×4.

4x4 dans l'Hoarusib en Namibie
Passage dans l'Hoarusib ©La Petite Aventure

À la fin de la rivière, nous arrivons à Purros. C’est ici que se termine notre périple dans les rivières asséchées.

Purros et sa région en Namibie
Début de la zone de conservation de Purros ©La Petite Aventure

Ces quelques jours dans les rivières à la recherche des éléphants du désert ont été hors du temps. Coupés du monde, nous avons vécu avec la nature. Notre seule préoccupation a été de trouver des traces puis les animaux pour les observer. Des moments inoubliables.

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